Didier Vagner
Service Méthodologie
Pouvez-vous nous expliquer votre rôle en tant qu’agent au sein du service « Méthodologie » ?
Oui, bien sûr. J’ai rejoint le service « Méthodologie » en 2023 en tant que chef de projets. A ce titre, j’ai la responsabilité de certains projets du programme de travail de l’AAA, ainsi que la supervision de maintenance évolutive et corrective sur nos outils métiers. Cela va de l’analyse des besoins, la rédaction de cahiers des charges, le suivi des développements, au testing et à la validation des livrables avant mise en production.
Nous avons tous des profils interdisciplinaires et nous n’hésitons pas à profiter des connaissances ou de l’expertise de chacun dans notre quotidien.
L’une des grandes forces de notre service « Méthodologie » est d’accompagner le métier dans ses réflexions tout en étant force de proposition.
Je participe également à des workshops pour le compte de l’AAA auprès de la Commission Européenne dans le cadre des échanges électroniques d’informations sur la sécurité sociale en cas d’accident (EESSI).
Sur quels types de projets travaillez-vous actuellement ?
Parmi les projets en cours sous ma supervision, on peut entre-autre citer :
- Des améliorations importantes dans le module de gestion du conseil d’administration avec par exemple la mise en place de la signature électronique qualifiée en masse sur les décisions présidentielles.
- Ajout de fonctionnalités dans le module d’échanges électroniques d’informations (EESSI)
- Refonte des saisines AAA auprès du Conseil Médical de la Sécurité Sociale (CMSS)
- Formation et présentation de la plateforme collaborative
- Intégration des KPIs sur la plateforme collaborative pour le suivi des actions du service « Ressources humaines et Qualité » et mise en place de dashboards pour les exploiter
- Analyse et rédaction du cahier des charges fonctionnel d’un nouvel outil intégré de gestion des correspondances interservices
Comment coordonne-t-on des projets impliquant plusieurs services ?
Coordonner plusieurs services fait effectivement partie de notre quotidien. Il faut tout d’abord identifier les typologies d’acteurs dans le cadre du projet.
Il y aura en général :
- Les demandeurs
- Les décisionnaires métier (pouvant être demandeur)
- Le centre de développement informatique (CISS)
- La Direction, les chefs de services ou des équipes impactées par la demande ou le projet
L’organisation et la mobilisation des acteurs dépendent ensuite de la phase du cycle de vie du projet : recueil des besoins, développement, tests ou mise en production. Chaque intervenant est sollicité au moment approprié afin de garantir une bonne coordination et une prise de décision efficace.
Les besoins et échanges sont formalisés et consolidés sous forme de stories dans notre outil de ticketing avant d’être planifiés. Lorsque les échanges restent simples, le suivi peut se faire directement via les tickets. En revanche, dès qu’un sujet nécessite des arbitrages, des clarifications ou une coordination plus approfondie, des réunions de travail sont organisées afin d’assurer l’alignement entre les différentes parties prenantes.
Quels sont les principaux défis dans la gestion de projets à l’AAA ?
- S’assurer qu’un agent va bien exprimer son besoin dans les détails nécessaires, et qu’il ne se contente pas d’indiquer sa vision des changements à effectuer.
- Savoir prendre du recul lors du recueil des besoins et après.
- Eviter la complexité.
- Savoir adapter les priorités des demandes au fur et à mesure.
Comment faites-vous le lien entre les besoins des agents et les solutions mises en place ?
Le lien entre les besoins des agents et les solutions mises en place repose avant tout sur une bonne compréhension du terrain et des processus métiers.
C’est là que l’esprit collaboratif et les différentes expertises de notre service entrent en jeu. Il y a toujours au moins 2 agents compétents sur un domaine. Cela facilite la confrontation d’avis en interne, pour émettre les meilleures solutions.
Concernant les besoins, les agents du service « Méthodologie » sont tous sensibilisés à l’écoute active qui, alliée à leurs connaissances en la matière, permet de relever rapidement les détails et les éventuels points de douleurs
Quelle est l’importance de la communication dans votre travail ?
La communication est omniprésente dans notre travail. Au quotidien, nous accompagnons l’ensemble des agents de l’AAA et échangeons régulièrement entre collègues, que ce soit pour partager l’avancement des initiatives et projets ou pour organiser des séances de réflexion lorsque cela est nécessaire.
Par ailleurs, chaque agent bénéficie d’un niveau d’autonomie relativement important dans l’exécution de ses missions et tâches.
Quels projets de digitalisation ont marqué l’année 2025 ?
En continuité avec les années précédentes, 2025 est restée centrée sur la digitalisation et le développement des services numériques destinés au public.
Nous avons poursuivi l’amélioration des démarches en ligne pour les employeurs et les assurés, notamment pour les accidents du travail et de trajet. Les employeurs peuvent désormais effectuer leurs déclarations via MyGuichet au format XML, ce qui permet une intégration directe depuis leurs systèmes, réduit les saisies manuelles et améliore la fiabilité des données.
Du côté des assurés, ils peuvent consulter leurs accidents du travail et maladies professionnelles en ligne et mettre à jour leurs coordonnées bancaires via MyGuichet. L’accès aux autres démarches et documents a également été simplifié.
En parallèle, la modernisation des outils internes s’est poursuivie, avec le déploiement d’une nouvelle bureautique afin de soutenir cette transformation digitale.
Quel rôle joue votre service dans la modernisation des outils internes ?
Nous sommes globalement très ouverts à la modernisation et à l’adaptation de nos outils internes. Toutefois, les pistes d’évolutions découlent des orientations stratégiques de l’AAA et étant dépendants du CISS, nous devons nous conformer à leur stratégie et à leurs orientations.
Dans ce cadre, notre rôle consiste principalement à formuler des propositions et des besoins, puis à les discuter avec les équipes de développement afin d’identifier les solutions possibles.
Par ailleurs, nous restons à l’écoute des différentes suggestions provenant des équipes métiers et nous nous efforçons, dans la mesure du possible, d’y répondre de manière adaptée.
Enfin, nous avons engagé une réflexion en interne afin d’identifier les activités et processus pour lesquels l’intelligence artificielle pourrait constituer un véritable levier d’amélioration et d’efficacité.
En quoi votre travail contribue-t-il à améliorer le fonctionnement quotidien de l’AAA ?
Nous sommes là pour aider le métier dans l’évolution de ses processus et viser l’efficacité opérationnelle.
Via la gestion du Datawarehouse et de la mise en place de reportings réguliers, nous pouvons également informer le métier sur les points d’améliorations et accompagner la Direction sur les processus à renforcer.
Pour finir, les projets de digitalisation des démarches via MyGuichet ont pour but d’accélérer l’instruction des dossiers, puisqu’ils permettent d’avoir les données directement au format digital sans avoir à passer par le scanning, l’indexation, l’interprétation des informations manuscrites. Le projet EESSI a permis également d’éteindre les échanges papiers historiques entre institutions des différents pays.
Avez-vous participé en 2025 à un projet particulièrement marquant ?
Pour ma part, le projet de correspondances interservices a été particulièrement marquant. Il s’agit d’un projet stratégique pour l’AAA, dont je suis fier d’avoir assuré le pilotage. Il a fallu bien comprendre les besoins historiques, savoir les remettre en perspective des orientations stratégiques, et vérifier la faisabilité technique avant de lancer l’industrialisation du projet.
Comment gérez-vous les imprévus ou les changements dans un projet ?
Savoir étudier d’abord le degré d’urgence de la demande. Est-elle dictée par un impératif de production, par un besoin de transformation, par une directive ou un règlement ? Une fois le degré d’urgence établi, il faut évaluer s’il y a lieu de solliciter le sponsor pour trancher sur certaines décisions. Ensuite, il faut éventuellement revoir la planification entres les différentes initiatives.
Est-elle dictée par un impératif de production, par un besoin de transformation, par une directive ou un règlement ?
Une fois le degré d’urgence établi, il faut évaluer s’il y a lieu de solliciter le sponsor pour trancher sur certaines décisions.
Ensuite, il faut éventuellement revoir la planification entres les différentes initiatives.
Qu’aimez-vous le plus dans votre métier ?
Le degré d’autonomie, la confiance qu’on me témoigne. Le fait que l’accès au métier est facile et qu’il se fait toujours en toute bienveillance. Pour finir, le volet interdisciplinaire est très important.
En fait, il n’y a pas une journée où on ne se sent pas utile !
Selon vous, quels sont les grands défis organisationnels des prochaines années pour l’AAA ?
- Continuer sur la digitalisation des démarches pour les intervenants externes dans le cadre des accidents / maladies professionnelles.
- Confirmer les initiatives déjà prises en lien avec l’IA et vérifier leur apport.
- Les impacts législatifs luxembourgeois ou européens.
Qu’est-ce qui vous plaît dans le travail transversal avec tous les services ?
- Avoir accès facilement aux informations nécessaires pour faire son travail au mieux
- Avoir le sentiment de faire partie d’une famille, que l’on cherche tous à apporter notre meilleur à l’AAA
- La multiplicité des connaissances, expertises, c’est une mine d’information
Quelles compétences sont indispensables pour être un bon chef de projet ?
- Curieux de comprendre et d’apprendre tant le métier que les technologies
- Ecoute active
- Capacité d’analyse, de synthèse
- Pragmatisme
- Savoir remettre en question les données et laisser parfois reposer pour que l’idéation soit meilleure
Qu’est-ce qui vous motive dans votre travail au quotidien ?
Tout. C’est appréciable de venir au travail en sachant qu’on est apprécié non seulement pour ses compétences, pour ce qu’on apporte, mais aussi simplement pour sa personne en tant qu’individu.